Cette race a son origine dans l’île
de Terre-Neuve, située dans l’estuaire du Saint-Laurent au large
des côtes du Québec et du Labrador. On pense que le Terre-Neuve
est issu du croisement de chiens indiens avec le grand chien d’ours
introduit par les Vikings vers l’an 1000. Peut-être même
a-t-il du sang d‘une sous-espèce de loup américain aujourd’hui
éteinte.
Avec l’arrivée des navires qui pratiquaient la pêche à la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve, des chiens de diverses races achevèrent de modeler la race si bien qu’au début du XVIIe siècle, il possédait déjà ses caractéristiques morphologiques et comportementales actuelles. Elles lui permirent de résister aux rigueurs d’un climat extrême et à la dangerosité de l’océan, ainsi qu’à rendre de grands services en tirant de lourdes charges sur la terre ferme et en sauvant de nombreuses personnes de la noyade.
Il m’arrive de dire que “le Terre-neuve, c’est 1/3 de chien
+ 1/3 de gorille + 1/3 d’ours”. Il a en tout cas une silhouette
reconnaissable entre toutes, avec un corps puissant, massif et musclé
qui se déplace avec aisance et souplesse. Sa somptueuse fourrure imperméable
dotée d’un sous-poils dense fait du froid et de l’eau ses
éléments naturels.
Son expression reflète la bonté et la douceur. Digne, joyeux et entreprenant, il est connu pour sa docilité et son calme quasi-imperturbable. Mais ses conditions de vie initiales ont contribué aussi à en faire un chien courageux et tenace, dont l’instinct de pêche et de rapport est très développé.
Au XIXe siècle, les Britanniques découvrent les qualités
du chien de Terre-Neuve et l’importent en Grande-Bretagne. Grands cynophiles,
ils se mettent à l’élever et à le sélectionner
afin de fixer ses qualités. Ils élaborent le standard de la
race, texte qui décrit le Terre-Neuve idéal, en précisant
ses caractéristiques physiques et comportementales. Aujourd’hui,
le Terre-Neuve est reconnu comme chien canadien, aussi est-ce le Canada qui
assure la responsabilité de ce standard.
Cela veut dire qu’un chiot de race Terre-Neuve doit être cédé avec un certificat de naissance. Ce certificat atteste de l’inscription du chiot au Livre des Origines Françaises (LOF) tenu par la Société Centrale Canine (SCC). Il pourra, après examen de confirmation du chien à partir de l’âge de 15 mois par un juge en exposition canine, être transformé en pedigree définitif.
Ce certificat de naissance revêt une importance majeure car c’est la seule preuve que votre chien est un vrai Terre-Neuve, issu de parents qui sont de vrais Terre-Neuve.
Actuellement, de nombreuses
petites annonces proposent à la vente des chiots de “type Terre-Neuve”
ou des “Terre-Neuve non LOF”. Cela veut seulement dire que le
vendeur met sur le marché, pour un prix déjà conséquent,
un chien de grande taille, de couleur noire le plus souvent, dont la ressemblance
avec un Terre-Neuve est plus ou moins subjective et dont le caractère
peut ne pas correspondre à celui de la race. Et, même si ce chien
“type Terre-Neuve” est un Terre-Neuve, l’absence de certificat
de naissance rompt toute traçabilité et ne donne aucune garantie
en ce qui concerne l’état de santé des parents, ainsi
que leurs éventuelles tares physiques et caractérielles.
Un Terre-neuve peut participer
à des expositions canines de beauté nationales, internationales
et à celles organisées par le club de race (CFCTN). Il peut
ainsi obtenir des titres de champions de beauté.
Il a aussi des aptitudes qui font de lui un chien qui peut “travailler”
(sauvetage à l’eau, trait, pistage...) et ainsi développer,
à travers l’entraînement, une complicité extraordinaire
avec son maître.
Maintenir une race dans sa plénitude, l’améliorer et éviter les dérives génétiques qui ont déjà “abîmé” certaines autres races est le travail de tout véritable éleveur passionné de sa race, travail qui réserve beaucoup de joies et aussi de difficultés. Il demande passion, patience, intuition et investissement financier important. En effet, il passe par :

En conclusion, il est rare qu’il y ait de “bonnes occasions” lorsqu’on acquiert un chiot. D’une part, il y a des chiots qui n’ont généralement pas bénéficié de tous les soins et contrôles indispensables ; d’autre part, il y a des chiots auxquels les éleveurs ont donné le maximum de chances de devenir un beau et bon Terre-Neuve, ce qui a un coût plus élevé.
